Multilinguismo

  • Hervé ADAMI (Université de Lorraine)
    La domination de l’anglais est-elle inéluctable ?
    (Is the English dominance inevitable?)
    2018, Vol. XXIII-2, pp. 89-103

    <p>Le multilinguisme a toujours existé. A toutes les époques et sous toutes les latitudes, d’innombrables langues ont coexisté. Dans les sociétés pré-nationales et pré-capitalistes, l’équilibre entre toutes ces langues a été globalement maintenu. Mais depuis l’apparition des Ḗtats-nations puis de la mondialisation économique, cet équilibre relatif est rompu. Les grandes langues nationales ont progressivement étendu leur domination sur leurs espaces politiques respectifs et sur l’ensemble de la planète par le biais des expansions coloniales. Parmi ces langues, l’anglais, dans le courant de la mondialisation capitaliste, tend même à s’imposer à toutes les autres. Cependant, sa domination n’est pas inéluctable parce que les langues ne sont pas des forces naturelles mais des instruments que les êtres humains savent et peuvent contrôler.</p>


  • Lyanne AHUMADA-EBRATT (Université de Toulouse)
    Les différentes langues du multilingue en interaction : entre influence translinguistique et attrition
    (Interactions among languages in the multilingual mind: between crosslinguistic influence and attrition)
    2018, Vol. XXIII-2, pp. 15-28

    <p>Cet article aborde les interactions entre les langues du multilingue décrites par les études portant sur l’influence translinguistique, sur les changements de dominance, et surtout sur l’attrition des langues. Nous évoquerons d’abord l’attrition d’une première langue en faisant le point sur l’état des connaissances par rapport à trois grandes questions: pourquoi l’attrition survient, comment elle se déroule et quelles sont les structures linguistiques affectées. Nous développerons notamment les interactions au sein du lexique mental en discutant différents facteurs psycholinguistiques pouvant expliquer pourquoi certains mots sont plus enclins à susciter des extensions sémantiques que d’autres. Nous évoquerons ensuite l’attrition d’une langue seconde ou étrangère en faisant le point sur les résultats au niveau des facteurs extralinguistiques et linguistiques.</p>


  • Henny BIJLEVELD (Université Libre de Bruxelles)
    Multilinguisme et troubles du langage : état des lieux et modes d'action auprès d'enfants de la région de Bruxelles
    (Multiligualism and language disorders: current situation and specific actions with chidren in the Brussels region)
    2018, Vol. XXIII-2, pp. 29-44

    <p>Après avoir situé le multilinguisme à l’échelle de Bruxelles, les auteures complètent l'article de F. Grosjean (dans ce numéro) en survolant, sous un autre angle, les diverses formes de multilinguisme, ses modalités d’acquisition et ses avantages qui dépassent de loin quelques éventuels inconvénients. Elles décrivent et analysent comment se passe une consultation pour enfants et adolescents multilingues qui sont envoyés pour troubles du langage. Elles s'intéressent plus précisément encore au bégaiement pour réfuter un préjugé encore trop répandu qui incrimine le multilinguisme comme cause de son éclosion.<br /><br /></p>


  • Hélène BLONDEAU (Floride, Etats-Unis)
    Pratiques langagières à Montréal et à Bruxelles : diversité et dualité linguistique
    (Language practices in Montréal and Brussels: diversity and linguistic duality)
    2018, Vol. XXIII-2, pp. 73-87

    <p>Cet article sur l’effet de la globalisation et de la super-diversité sur les pratiques langagières à Montréal et à Bruxelles, porte sur la fabrique sociolinguistique de deux métropoles francophones qui ont en commun une situation de contact linguistique résultant d’un développement historique et de migrations contemporaines. Après un aperçu des changements dans la dynamique du marché linguistique et une présentation des enjeux en matière d’aménagement linguistique, l’article fournit une analyse pour chaque métropole. Les pratiques langagières sont abordées sous trois angles : le répertoire linguistique des locuteurs, la description des usages et l’analyse des attitudes linguistiques et des représentations. Une attention particulière est dévolue à la contribution à la dynamique sociolinguistique locale des locuteurs se rattachant à la diversité culturelle.</p>


  • Thierry FONTENELLE (Centre de Traduction UE (Luxembourg))
    La traduction au sein des institutions européennes
    (Translation in European institutions)
    2016, Vol. XXI-1, pp. 53-66

    <p>Le multilinguisme est inscrit dans les traités de l’Union européenne. Son application, qui garantit aux citoyens européens l’accès à l’information et à la législation produites par les institutions européennes dans leur langue, nécessite la traduction de cette information par l’intermédiaire de services de traduction intégrés au sein de ces institutions. Le métier de la traduction a fortement évolué avec l’arrivée d’outils informatiques performants, mais les nouveaux besoins nécessitent la mise en place de moyens technologiques innovants, mais aussi de stratégies en matière de formation et d’organisation pour répondre à tous ces besoins dans un environnement où co-existent 24 langues officielles.</p>