Sommaire des numéros

2000-1La langue dans son contexte social
(Language in its social context)
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  • Isabelle LÉGLISE (Tours)
    Lorsque des linguistes interviennent : écueils et enjeux
    (The risks one takes when linguists intervene)
    pp. 5-13
  • Claire SAILLARD (Paris 7)
    Les acteurs plurilingues au travail : une communauté linguistique ?
    (Multilingual actors at work: a linguistic community?)
    pp. 15-24

    Dans cet article, on réexamine un concept sociolinguistique, celui de "communauté linguistique", à la lumière de situations rarement étudiées : les situations de travail plurilingues. L'enjeu est de déterminer si un concept tel que celui de communauté linguistique peut être défini en faisant abstraction des situations concrètes de réalisation des interactions. L'étude montre que les normes langagières qui prévalent dans un lieu de travail plurilingue donné ne sont pas toujours conformes à celles attendues au niveau de la société plurilingue dans son ensemble. Le lieu de travail est ainsi perçu comme un lieu de socialisation où les normes langagières sont négociées de façon dynamique.


  • Elwys STEFANI (DE), Johanna MIECZNIKOWSKI & Lorenza MONDADA (Bâle, Suisse / Bâle, Suisse)
    Les activités de traduction dans des réunions de travail plurilingues Können sie vielleicht kurz übersetzen ?
    (Translation activities in multilingual working sessions)
    pp. 25-42

    L'expansion des réseaux internationaux dans le monde professionnel en général et académique en particulier rend indispensable une collaboration plurilingue et pose le problème de savoir comment les participants gèrent pratiquement ce plurilinguisme. Un des moyens mis en oeuvre est la traduction orale informelle. Une analyse conversationnelle des séquences de traduction dans lesquelles des chercheurs s'engagent ponctuellement lors de réunions de travail montre que la traduction est utilisée par les participants comme une ressource interactive non seulement pour assurer l'intercompréhension, mais aussi pour mettre en relief des éléments et pour affirmer des positions argumentatives. Loin d'être une pure transposition d'une langue à l'autre, elle a des effets configurants sur les contenus élaborés. Elle permet en outre de décrire une forme d'exploitation située des ressources linguistiques dans une activité sociale particulière.


  • L. GOURY, Michel LAUNEY, F. QUEIXALOS & O. RENAULT-LESCURE (IRD-Cayenne)
    Des médiateurs bilingues en Guyane française
    (Bilingual mediators in French Guyana)
    pp. 43-60

    La Guyane se distingue par une réelle diversité culturelle et linguistique, souvent considérée pourtant comme un obstacle dans les milieux éducatifs. A la lumière des expériences d'enseignement bilingue menées au Brésil voisin, un projet de même type a été mis au point en Guyane. Il vise à mettre aux côtés des professeurs des écoles des 'médiateurs bilingues', recrutés dans le cadre des 'emplois jeunes', et qui soient en mesure d'accueillir les enfants dans leurs langues maternelles et de les aider ainsi à passer peu à peu à l'apprentissage d'une langue seconde. Pour soutenir ces 'médiateurs bilingues' dans cette tâche nouvelle pour eux, le projet prévoit que leur soit donnée une véritable formation, à la fois linguistique et pédagogique.


    Mots-clés: 
  • Edith NICOLAS (CNRS)
    L'enseignement de langues en voie de disparition : le cas australien
    (Teaching disappearing languages: the case of Australia)
    pp. 61-69

    Les démarches sont aujourd'hui nombreuses pour tenter de ralentir la disparition dramatique des langues traditionnelles aborigènes australiennes. L'une d'entre elles consiste à introduire l'enseignement de ces langues dans le cursus scolaire. Ce procédé de revivification soulève cependant une série de questions qui dépassent le simple cadre pédagogique. Conséquence de deux siècles de colonisation, la disparition du patrimoine linguistique et culturel rend sa sauvegarde actuelle délicate. Possède-t-on suffisamment d'informations pour sauver toutes les langues ? Existe-t-il un personnel formé pour le faire ? Après une présentation générale, nous proposons de rendre compte de notre projet d'un guide pour l'enseignement de la langue bardi (Australie Occidentale), qui nous mène à réfléchir sur la nature même de ce type d'intervention.


  • Kirk MCELHEARN (CNRS)
    Writing Conversation. An Analysis of Speech Events in E-mail Mailing Lists
    pp. 71-88

    Le courrier électronique est une forme de communication dont l'utilisation est en croissance exponentielle au moment où l'Internet et les autres moyens de communication par ordinateur, CMC (computer-mediated communication), deviennent plus accessibles au grand public. Au-delà de son utilisation dans la communication interpersonnelle, au même titre que les lettres, les notes de service ou les fac-similés, il sert également dans la communication au sein de groupes qui partagent des intérêts ou des buts communs, par l'intermédiaire des listes de diffusion. Alors que ce type de CMC est une forme de communication écrite, de nombreux aspects du discours mis en ouvre dans ces listes rejoignent ceux du discours parlé. Cet article présente le fonctionnement des listes de distribution, la façon dont le type de liste influence le type de discours utilisé, et les différents types d'interactions (speech events) employés dans ces listes.


  • Isabelle PIEROZAK (Aix-en-Provence)
    Approche sociolinguistique des pratiques discursives sur Internet: « ge fé dais fotes si je voeux »
    (Sociolinguistic approach of French writing on internet: "ge fé dais fotes si je voeux")
    pp. 89-104

    Les conversations électroniques, maintenant massives sur les canaux IRC spécialisés, témoignent de l'existence d'un écrit à la fois ordinaire non confidentiel dont l'étude est menée, au regard de la problématique identitaire, selon une approche double et complémentaire, reliant l'hétérogénéité des pratiques (ortho)graphiques et les représentations sociolinguistiques qui les organisent identitairement. Il apparaît que les pratiques discursives des internautes sont aussi et surtout le lieu privilégié - en l'absence d'autres moyens - du marquage linguistique d'éléments extralinguistiques, ce processus reposant sur les représentations sociolinguistiques des internautes.


  • Didier ROBILLARD (DE) (Tours)
    Langue(s) et intervention en matière sociale. Vers de nouveaux partenariats
    (Sociolinguistic approach of French writing on internet: "ge fé dais fotes si je voeux")
    pp. 105-123

    Cette contribution s'attache à explorer, de manière historique d'abord, puis à une époque plus contemporaine, la place de la dimension linguistique dans les discours tenus sur l'intervention en matière sociale. Des raisons diverses expliquent l'absence de la langue dans ces discours, mais, plus on s'approche de l'époque actuelle, plus on voit apparaître la prise en compte de cette dimension, quoique assez timidement. L'auteur défend l'idée que des relations plus étroites entre travail social et linguistique seraient dans l'intérêt de tous : usagers des services sociaux, travailleurs sociaux, linguistes.


Comptes rendus
  • Le participe passé autrement, de M. Wilmet
    par G. Petiot
    pp. 125-129
  • Accorder le participe passé, de A. Englebert
    par
    pp. 125-129